Une qualification en demi-teinte
Le 8 octobre 2025, l’équipe nationale indonésienne a obtenu une qualification pour les phases finales de la Coupe du Monde 2026 après une défaite 2-3 contre l’Arabie saoudite lors du quatrième tour des éliminatoires. Le match s’est joué au stade King Abdullah Sports City à Djeddah, en Arabie saoudite. Malgré cette avancée, la performance a relancé le débat sur l’état du football en Indonésie. En effet, l’équipe a dû compter sur un penalty de Kevin Diks pour marquer ses deux buts, tandis que l’Arabie saoudite a inscrit ses buts par Saleh Aboulshamat et Feras al-Buraikan, ce dernier ayant marqué deux fois. La qualification anglaise, bien que la plus proche étape pour le pays, soulève des questions quant au développement global du football national.
Selon plusieurs observateurs, cet avancement ne reflète pas une croissance du football en Indonésie, dont la base reste faible. La qualification a été obtenue en grande partie par l’apport de joueurs naturalisés, notamment Marc Klok, Jordi Amat, Rafael Struick, et d’autres membres issus de la diaspora. Ces naturalisations, initiées sous la direction de l’entraîneur Shin Tae-yong, ont suscité des débats sur leur impact à long terme sur le football national. Certains soutiennent que cette stratégie vise à améliorer rapidement le résultat de l’équipe, tandis que d’autres dénoncent un éloignement des jeunes talents locaux.
Une controverse sur le développement du football indonésien
Les figures du football indonésien, telles que Tommy Welly, expriment des préoccupations quant à l’orientation du développement sportif. Il critique le fait que la majorité des 28 joueurs appelés en sélection soient issus de la diaspora, ce qui, selon lui, ne reflète pas un vrai progrès pour le football dans le pays. Il souligne que malgré la qualification pour la Coupe du Monde 2026, la base du football indonésien ne se renforce pas, et le développement des jeunes générations stagnent. Le niveau des clubs locaux reste également en dessous du standard asiatique, avec les clubs indonésiens évoluant au deuxième rang de la Ligue asiatique des champions.
Depuis la fin du mandat de l’entraîneur Shin Tae-yong en 2025, remplacé par Patrick Kluivert, l’équipe nationale poursuit sa route vers la Coupe du Monde. Cependant, le public reste sceptique quant à la véritable capacité de l’Indonésie à rivaliser à ce niveau avec la majorité des joueurs étant issus de la diaspora. La difficulté à développer une réponse locale solide reste un défi majeur pour le football indonésien.
Perspectives et enjeux futurs
Les observateurs, tout en saluant les progrès par rapport à 1986, estiment que l’Indonésie doit faire face à une réalité : la construction d’un football national fort ne peut pas se limiter à quelques joueurs naturalisés. Comme le souligne Bung Joy, la focalisation sur l’équipe nationale ne doit pas occulter le développement du football dans les clubs et des jeunes. La qualification pour la Coupe du Monde représente une étape, mais elle ne doit pas masquer le besoin urgent d’un vrai rehaussement des infrastructures, de la formation des jeunes, et d’une amélioration du championnat national, qui reste à une élite locale encore faible.